Équiper une concession automobile en recharge : les trois usages qui cohabitent mal

Une concession automobile n'a pas besoin d'une seule borne, mais d'une stratégie de recharge qui sépare trois usages distincts. La charge rapide ne se justifie que lorsque le temps de stationnement est court. Le reste du temps, une infrastructure plus lente et mieux répartie suffit.

Publié le 29 septembre 2026 · par IBR — Installation Borne de Recharge

Les trois usages qui cohabitent mal

Une concession automobile concentre sur un même site des besoins de recharge qui n'ont ni la même durée, ni la même fréquence, ni la même criticité. Les confondre conduit à surdimensionner l'installation ou, à l'inverse, à créer des files d'attente devant des bornes inadaptées. Trois usages principaux se distinguent : la préparation des véhicules neufs ou d'occasion, l'essai client et la recharge visiteur.

  • La préparation des véhicules : recharge complète ou partielle avant livraison, souvent planifiée, pouvant durer plusieurs heures.
  • L'essai client : recharge d'appoint entre deux essais, avec un temps de stationnement court et une attente commerciale forte.
  • La recharge visiteur : service d'accueil pour les clients et prospects, à faible enjeu de disponibilité immédiate.

Préparation des véhicules : la recharge lente suffit

Un véhicule en préparation reste généralement immobilisé plusieurs heures, voire une nuit entière. Une wallbox de 7,4 kW monophasée délivre environ 40 km d'autonomie par heure, soit près de 300 km sur une nuit de huit heures. C'est largement suffisant pour livrer un véhicule avec une batterie chargée à un niveau raisonnable.

La charge rapide en courant continu n'a ici aucun intérêt : elle sollicite inutilement la batterie, coûte plus cher à l'installation et à l'usage, et immobilise une infrastructure qui pourrait servir à un essai client. Pour la préparation, une ou plusieurs bornes de 7,4 à 11 kW, réparties dans l'atelier ou sur le parc, constituent la solution la plus rationnelle.

Essai client : la charge rapide se justifie

Un client qui vient essayer un véhicule électrique ne reste pas trois heures. Le temps de stationnement est court, souvent moins d'une heure. Dans ce cas, la charge rapide en courant continu de 50 à 150 kW permet de récupérer de 20 à 80 % de batterie en 25 à 45 minutes. Au-delà de 80 %, la puissance chute fortement, ce qui limite l'intérêt de prolonger la charge.

La charge rapide se justifie quand le temps de stationnement est court. C'est précisément le cas de l'essai client. Une borne rapide unique, idéalement en CCS Combo 2, suffit dans la plupart des concessions. Elle doit être réservée à cet usage et ne pas servir de borne de dépannage pour le personnel ou les visiteurs.

Recharge visiteur : un service d'accueil, pas une station

Les visiteurs qui se garent sur le parking d'une concession n'ont pas besoin d'une recharge rapide. Ils restent généralement entre 30 minutes et deux heures, le temps d'un rendez-vous commercial ou d'une attente. Une borne de 7,4 à 11 kW suffit. Elle permet de récupérer entre 20 et 120 km d'autonomie pendant ce laps de temps.

La recharge visiteur doit être pensée comme un service d'accueil : simple, fiable, sans contrainte d'accès. Une ou deux bornes de 7,4 kW avec un câble Type 2 attaché répondent au besoin. Inutile d'investir dans une borne rapide pour cet usage : elle serait sous-utilisée et créerait une file d'attente inutile.

Dimensionner l'infrastructure électrique

Une concession automobile doit prévoir une puissance souscrite adaptée à la somme des charges simultanées. La norme NF C 15-100 impose un circuit spécialisé et une protection différentielle 30 mA de type A, F ou B selon le matériel. Un différentiel de type AC ne convient pas. Au-delà de 3,7 kW, l'installation doit être réalisée par un professionnel titulaire de la qualification IRVE.

UsagePuissance recommandéeTemps de charge indicatifType de borne
Préparation7,4 à 11 kWPlusieurs heuresWallbox AC
Essai client50 à 150 kW25 à 45 min (20-80 %)Borne rapide DC
Visiteur7,4 à 11 kW1 à 2 heuresWallbox AC
La charge rapide ne se justifie que pour l'essai client, où le temps de stationnement est court.

Le délestage est indispensable si la puissance souscrite est limitée. Une borne de 7,4 kW est compatible avec un abonnement 9 kVA à condition d'activer le délestage. Pour une borne rapide, un raccordement triphasé et une puissance souscrite spécifique sont nécessaires.

Coûts et aides pour une concession

Le coût d'une wallbox 7,4 kW posée varie de 1 200 à 1 900 € TTC selon la distance au tableau. Une borne rapide de 50 kW représente un investissement nettement supérieur, souvent plusieurs dizaines de milliers d'euros, auquel s'ajoutent les frais de raccordement et de génie civil. Le passage en souterrain avec tranchée ajoute de 400 à 1 200 €.

La prime Advenir finance les projets d'entreprise, notamment les flottes et les infrastructures collectives. Le taux est de 50 % avec des plafonds spécifiques selon la catégorie. Le dossier est déposé par un installateur labellisé avant la fin des travaux, et la prime est déduite du montant facturé. Advenir ne couvre pas la maison individuelle, mais une concession entre dans le cadre des flottes et bâtiments tertiaires.

Le crédit d'impôt CIBRE, qui permettait de déduire 75 % des dépenses de recharge, a été supprimé fin 2025 et n'a pas été reconduit. Il ne faut plus le mentionner dans un plan de financement.

Éviter les erreurs classiques

  • Installer une borne rapide unique pour tous les usages : elle sera monopolisée par la préparation ou les visiteurs, et indisponible pour les essais.
  • Sous-dimensionner le nombre de points de charge lents : la préparation de plusieurs véhicules en parallèle nécessite plusieurs wallbox.
  • Négliger le délestage : une pointe de charge peut faire disjoncter l'installation et immobiliser toute la concession.
  • Oublier l'attestation Consuel : elle matérialise la conformité de l'installation et est exigée pour la mise en service.

Une concession automobile doit aussi penser à l'évolution de son parc. Les véhicules électriques en stock doivent être maintenus chargés, ce qui représente une consommation électrique régulière. Une infrastructure bien dimensionnée évite les mauvaises surprises sur la facture.

Questions fréquentes

Quelle puissance de borne choisir pour une concession automobile ?
Tout dépend de l'usage. Pour la préparation des véhicules et la recharge visiteur, des wallbox de 7,4 à 11 kW suffisent. La charge rapide en courant continu de 50 à 150 kW se justifie uniquement pour l'essai client, où le temps de stationnement est court. Une borne rapide unique, réservée aux essais, est généralement suffisante dans une concession. Le reste de l'infrastructure peut être constitué de bornes lentes réparties sur le parc et dans l'atelier.
Quelles aides existent pour installer des bornes dans une concession ?
La prime Advenir finance les projets d'entreprise, notamment les flottes et les infrastructures collectives, à hauteur de 50 % avec des plafonds spécifiques. Le dossier est déposé par un installateur labellisé avant la fin des travaux, et la prime est déduite du montant facturé. En revanche, le crédit d'impôt CIBRE a été supprimé fin 2025 et n'a pas été reconduit. Il ne faut plus le compter dans un plan de financement.
Faut-il une qualification spécifique pour installer une borne dans une concession ?
Oui. Au-delà de 3,7 kW, l'installation doit être réalisée par un professionnel titulaire de la qualification IRVE, conformément au décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017. La norme NF C 15-100 impose également un circuit spécialisé et une protection différentielle 30 mA de type A, F ou B selon le matériel. Un différentiel de type AC ne convient pas. L'attestation Consuel matérialise la conformité de l'installation.

Les montants, taux et références réglementaires cités dans cet article proviennent de nos faits vérifiés au 29 septembre 2026. Nous les corrigeons quand la règle change.

Un projet de borne ? On mesure avant de chiffrer.

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