Quelle section de câble pour une borne de recharge : calcul et ordres de grandeur

La section minimale du câble d'alimentation d'une borne de recharge se détermine à partir de la puissance de la borne et de la longueur réelle du cheminement entre le tableau électrique et le point de charge. Une section insuffisante provoque un échauffement anormal du conducteur, des chutes de tension et, à terme, des coupures ou des dommages. Pour une wallbox 7,4 kW, on retient couramment du 6 mm² jusqu'à une trentaine de mètres ; au-delà, il faut passer en 10 mm².

Publié le 29 septembre 2026 · par IBR — Installation Borne de Recharge

La longueur du cheminement, premier critère de calcul

La section d'un câble ne se choisit pas uniquement en fonction de la puissance de la borne. Elle se calcule sur la longueur réelle du cheminement, c'est-à-dire la distance effective parcourue par le câble entre le tableau électrique et le point de charge, en suivant les murs, les goulottes ou les tranchées. Cette longueur est souvent supérieure à la distance à vol d'oiseau, et c'est elle qui détermine la chute de tension admissible.

En courant alternatif, la chute de tension doit rester inférieure à 5 % selon la norme NF C 15-100. Or, plus le câble est long, plus sa résistance augmente, et plus la tension chute à l'extrémité. Pour compenser, on augmente la section du conducteur. C'est pourquoi une borne de 7,4 kW située à 5 mètres du tableau peut être alimentée en 6 mm², alors qu'à 50 mètres, il faudra passer en 10 mm², voire davantage selon les cas.

Conséquences d'une section insuffisante

Une section insuffisante provoque un échauffement du conducteur, proportionnel au carré du courant qui le traverse. Cet échauffement dégrade l'isolant, augmente la résistance et peut conduire à des coupures intempestives du disjoncteur ou, dans les cas extrêmes, à un départ de feu. La chute de tension excessive réduit également la puissance réellement délivrée au véhicule, allongeant le temps de charge.

  • Échauffement anormal du câble et de ses connexions
  • Déclenchements répétés du disjoncteur ou du différentiel
  • Chute de tension supérieure à 5 %, réduisant la puissance de charge
  • Vieillissement prématuré de l'isolant, risque d'arc électrique
  • Non-conformité à la norme NF C 15-100 et refus de l'attestation Consuel

Ces défauts apparaissent rarement à l'installation, mais après quelques mois ou années d'utilisation, lorsque les connexions ont subi des cycles thermiques. Une mise aux normes IRVE réalisée par un professionnel qualifié permet d'éviter ces désordres.

Les paramètres qui influencent le calcul

Le calcul de section ne se limite pas à la puissance et à la longueur. Il intègre le type de câble (cuivre ou aluminium, bien que le cuivre soit la règle en résidentiel), le mode de pose (sous conduit, en apparent, enterré), la température ambiante, le nombre de conducteurs chargés et le facteur de puissance de la borne. Un câble enterré dissipe moins bien la chaleur qu'un câble apparent : sa section doit être majorée.

Puissance de la borneSection recommandée jusqu'à 25 mSection recommandée jusqu'à 50 m
7,4 kW monophasé6 mm²10 mm²
11 kW triphasé6 mm²10 mm²
22 kW triphasé10 mm²16 mm²
Sections indicatives pour câble cuivre, pose sous conduit, chute de tension < 5 %. Un calcul précis est nécessaire.

Le choix du disjoncteur et du différentiel est également lié à la section : un câble en 6 mm² sera protégé par un disjoncteur de 32 A, un câble en 10 mm² par un disjoncteur de 40 A, etc. La norme NF C 15-100 impose une protection différentielle 30 mA de type A, F ou B selon le matériel ; un différentiel de type AC ne convient pas pour la recharge d'un véhicule électrique.

Le cas de la maison individuelle

En maison individuelle, la distance entre le tableau et l'emplacement de la borne dépasse rarement 30 mètres, ce qui place la plupart des installations en 6 mm² pour une wallbox 7,4 kW. Mais dès que le garage est éloigné de l'habitation ou que le cheminement impose un passage en façade, la longueur réelle peut atteindre 40 ou 50 mètres, et la section doit être réévaluée.

Le passage en souterrain avec tranchée, facturé entre 400 et 1 200 € de plus, allonge encore le cheminement. Il est alors fréquent de poser du 10 mm², non pas pour la puissance, mais pour limiter la chute de tension. Un installateur qualifié IRVE réalise ce calcul et remet une attestation Consuel matérialisant la conformité de l'installation.

Installation en copropriété : des contraintes supplémentaires

En immeuble collectif, le cheminement est souvent plus long et plus complexe : colonne montante, parties communes, parkings en sous-sol. Le droit à la prise permet à un occupant d'installer une borne à ses frais, mais le câblage doit respecter les règles de sécurité incendie et les contraintes de la copropriété. La section se calcule sur la longueur totale depuis le compteur ou le tableau de l'appartement jusqu'à la place de stationnement.

Les longueurs dépassent fréquemment 30 mètres, ce qui conduit à des sections de 10 mm², voire 16 mm² pour les bornes triphasées. Une mise aux normes IRVE est indispensable, et l'installateur doit fournir une attestation Consuel. La prime Advenir peut financer une partie de l'infrastructure collective, mais elle ne couvre pas la maison individuelle.

Faire vérifier son installation existante

Si une borne a été installée avec un câble sous-dimensionné, les signes sont souvent discrets : câble tiède au toucher, temps de charge plus long que prévu, déclenchements du disjoncteur lors des charges à pleine puissance. Une mise aux normes IRVE permet de contrôler la section, les protections et la continuité des conducteurs.

Un professionnel qualifié IRVE peut réaliser un diagnostic et, le cas échéant, remplacer le câble par une section adaptée. Le coût dépend de la longueur et du cheminement, mais il est toujours inférieur à celui d'un sinistre électrique. La garantie décennale de l'installateur couvre les travaux réalisés.

Ce que dit la norme NF C 15-100

La norme NF C 15-100 impose un circuit spécialisé pour l'alimentation d'une borne de recharge, avec une protection différentielle 30 mA de type A, F ou B selon le matériel. Elle fixe également les règles de calcul des sections en fonction du courant admissible, de la longueur et du mode de pose. Au-delà de 3,7 kW, l'installation doit être réalisée par un professionnel titulaire de la qualification IRVE, conformément au décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017.

Le respect de ces règles conditionne la délivrance de l'attestation Consuel, qui matérialise la conformité de l'installation. Sans cette attestation, le gestionnaire de réseau peut refuser la mise en service ou l'augmentation de puissance. Un installateur qualifié IRVE connaît ces exigences et dimensionne le câble en conséquence.

Questions fréquentes

Quelle section de câble pour une borne de recharge 7,4 kW à 40 mètres ?
Pour une longueur de 40 mètres entre le tableau et la borne, une section de 10 mm² est recommandée en monophasé 7,4 kW. Le 6 mm² serait acceptable jusqu'à environ 30 mètres, mais au-delà, la chute de tension dépasse souvent les 5 % autorisés par la norme NF C 15-100. Un câble de 10 mm² en cuivre permet de rester sous cette limite et d'éviter tout échauffement excessif. Le calcul exact dépend du mode de pose, de la température ambiante et du type de câble, mais 10 mm² est l'ordre de grandeur à retenir pour cette distance.
Puis-je installer une borne de recharge avec un câble en 2,5 mm² ?
Non, un câble de 2,5 mm² est insuffisant pour une borne de recharge de puissance supérieure à 3,7 kW. Pour une wallbox 7,4 kW, le courant nominal est de 32 A, ce qui nécessite au minimum une section de 6 mm² en cuivre, même sur une courte distance. Un câble de 2,5 mm² provoquerait un échauffement important, des coupures du disjoncteur et une chute de tension incompatible avec la norme NF C 15-100. Seules les prises renforcées à 3,2 kW peuvent être alimentées en 2,5 mm² sur un circuit dédié, et uniquement si la longueur reste faible.
La section du câble dépend-elle de la puissance de la borne ou de la longueur ?
Les deux paramètres sont indissociables. La puissance détermine le courant à transporter, donc la section minimale pour éviter l'échauffement. La longueur réelle du cheminement détermine la chute de tension, qui doit rester inférieure à 5 % selon la norme NF C 15-100. Plus la longueur augmente, plus la résistance du câble augmente, et plus il faut augmenter la section pour compenser. C'est pourquoi une borne 7,4 kW peut être alimentée en 6 mm² sur 10 mètres, mais nécessite du 10 mm² sur 50 mètres. Le calcul se fait toujours sur la longueur réelle du cheminement, pas sur la distance à vol d'oiseau.

Les montants, taux et références réglementaires cités dans cet article proviennent de nos faits vérifiés au 29 septembre 2026. Nous les corrigeons quand la règle change.

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